Images fantasmagoriques, atmosphère gothique et personnages fantastiques, voilà quelques éléments qui rappellent l’univers du cinéma de Tim Burton. Connu pour ses films à humour noir tels que Beetlejuice, Edward aux Mains d’Argent et Batman, le réalisateur américain possédait en effet plusieurs affinités avec l’écrivain anglais Lewis Carroll. Burton porte ici à l’écran une version adapté à sa façon du conte de Carroll « Alice aux pays des merveilles » et de sa suite « De l’autre côté du miroir ». Une jeune fille de 19 ans ne se sentant pas à sa place au sein de la bourgeoisie anglaise, retourne malgré elle dans le pays des merveilles, un monde qu’elle connu étant petite. Attendu sur les écrans Nord-Américain le 5 mars 2010, Alice aux Pays des Merveilles met en vedette Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway, et Mia Wasikowska.Composé d’une distribution au talent exceptionnel, chaque acteurs et actrices sont plus qu’à la hauteur. En Chapelier Fou, Depp est époustouflant du début à la fin. L’acteur qui en est à sa septième collaboration avec Tim Burton, est tout simplement parfait pour ce personnage délirant. Enchaînant plusieurs répliques de « non-sens » avec un fort accent très amusant, on comprend pourquoi le réalisateur ne se lasse pas d’utiliser les talents infinis de Depp. Dans la peau de la reine blanche, Hathaway surprend. Jouant un personnage zen et sans la moindre haine, cette dernière démontre avec humour certaines failles de son personnage lorsqu’elle semble parfois attirer par une haine soudaine. Choisie pour interpréter Alice, la jeune Mia Wasikowska presque inconnu du public, est une révélation. Très talentueuse et d’une grande aisance, l’actrice promet. Malgré tout cet engouement, Wasikowska, pour ma part, n’a pas ce qu’on pourrait appeler, « l’étincelle d’Alice ». J’aurais plutôt opté pour la chanteuse américaine Taylor Swift aux allures princière que Wasikowska n’a possède pas autant. Jugez-en par vous-mêmes : photos de Taylor Swift - photos de Mia Wasikowska
Mon coup de coeur va tout de même à l’interprète de la reine rouge, Helena Bonham Carter. L’actrice livre une performance qui, selon moi, est la meilleure de tout le film. Mêlant habilement le tempérament irritable et loufoque de son personnage avec son immense tête en forme de coeur, Bonham Carter est une grande actrice digne de ce nom.
Pour ce qui est du scénario, Burton opta plutôt pour une sorte de quête au lieu de la découverte d’un monde comme dans le roman de Carroll. Ne ressemblant souvent que très peu à l’histoire originale, le film prend une direction différente en donnant plus d’importance aux personnages en guidant Alice dans son aventure. Pourtant entraînante et imaginative, cette « mise à jour » déçoit pour ce qui est de la fidélité de l’adaptation du conte.
Bien que tourné en action-réelle, Alice aux Pays des Merveilles est également composée d’images de synthèses qui ne laissent pas indifférent. La plupart des personnages connus du conte tel que le lapin blanc et le chat du Cheshire en sont des exemples. Les paysages composés d’arbres tordus et autres végétaux démesurés connus de l’environnement Burtonienne, en sont l’âme de la beauté visuelle du film. Avec beaucoup de textures et donnant une belle profondeur à l’image, le travail accompli en ce domaine pourrait être pressenti aux Oscars de l’an prochain.
La photographie du film est tout simplement époustouflante, surtout lorsque celle-ci s’adapter aux différents lieux du film. En effet, l’image prend des teintes rougeâtres lorsqu’Alice se trouve dans le palais de la reine rouge, blanche dans le palais de la reine blanche et vice-versa. Les choix du réalisateur en mesure d’esthétisme dépassent est époustouflant du début à la fin.
Présenté dans la plupart des salles de cinéma en 3D, j’ai cependant décidé d’assister à la version 2D dû à ma réticence envers ce procédé visuel. De très grande qualité, Alice au Pays des Merveilles garanti un plaisir assuré autant pour les grands que pour les petits. Seul petit hic, la durée du film est malheureusement trop courte : 100
minutes sans compter le générique de fin. On sent que Burton eut les pieds liés par les studios Disney, histoire de couper court sur le développement de certains personnages et de l’histoire, et de plutôt ce concentré sur les artifices. Un peu désolant. Malgré tout, du grand Tim Burton.
Cinéman a aimé :
- Une distribution de grands talents
- Des effets visuels à couper le souffle
- Le style de Burton se marie à merveille avec l'univers de Lewis Carroll
- La musique de Danny Elfman capture parfaitement l’ambiance du film
Cinéman a moins aimé :
- Un manque au niveau du développement du scénario
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